Village des sans terre 2015 - Conférence de presse

Voici les articles de presse suite à la conférence de presse du 28 mai au siège de l’UACDDDD pour annoncer le village des sans terre du 2 au 4 juin 2015 : (plus d’infos ici)

- Mali : Litige foncier au Mali : Bras de fer en vue entre la CMAT et l’Etat

le 29 mai 2015 -

S’il ya bien un problème qui risque de dégénérer c’est bien le foncier. C’est justement ce motif qui est à la base de la nouvelle ‘’guerre’’ promise par la Convergence Malienne pour l’accaparement des terres (CMAT). Une alerte donnée hier jeudi à son siège sis à Faladié, lors d’une conférence de presse. Cette conférence a aussi servi de cadre pour les leaders du « village des sans terre » de dévoiler le programme de la Convergence pour la 2eme édition qui se tiendra du 2 au 4 juin 2015.

Dans ses propos liminaires le vice président de la CMAT Daouda Diarra n’a pas fait dans la dentelle pour charger le gouvernement du Premier ministre Modibo Keita. Pour Daouda Diarra : « ce qui se passe au sud est pire que le problème du nord et si rien n’est fait une rébellion n’est pas exclue », a mis en garde le chef de file des ‘’sans terre’’.

A sa suite, Massa Kone porte parole de la CMAT et non moins secrétaire général de l’UACDDDD dira qu’il s’agit de continuer la lutte tant que les litiges fonciers ne connaissent un règlement global. D’où selon lui le terme : « village sans terre ».

Pour le représentant de la CAD-MALI Nouhoum Koné cette coalition qui forme la CMAT et dont les éditions sont dénommées « village sans terre », est née suite aux injustices à répétition dans le domaine foncier dont sont victimes les populations vulnérables. Cette lutte pour qu’elle connaisse une issue a été entamée par des marches de protestation. Selon, les leaders de ce regroupement des sans voix la lutte a été engagée par une grande marche le 13 mars 2012 suivie d’un sit-in. Cette manifestation a regroupé les victimes de Bamako et environ ainsi que celles venues des autres localités du pays. Cette marche de protestation a eu écho favorable auprès des autorités, qui à travers 3 ministres se sont engagées à résoudre le différend au bout d’un mois. Mais suite aux événements de mars 2012 les revendications ont été rompues pour attendre l’année 2013, l’administration étant une continuité la commission interministérielle qui a été mise en place et présidée par le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement a traité 10 cas du mémorandum qui avait été soumis au Premier ministre pour sa mise en œuvre à travers la lettre N011 08/MEA-SG du 17 décembre 2013. Depuis, des engagements avaient été pris par le Premier ministre Oumar Tatam Ly. Ce dernier a pris des engagements par rapport aux 10 points prioritaires. Aussi en Avril 2014 la CMAT a été invitée par le gouvernement à participer à une mission sur les litiges fonciers dans les villages de Sanamandougou / Saou et des 7 villages du cercle de San. Les recommandations de cette mission ne seront jamais validées. Une autre mission sera validée par le Premier ministre Moussa Mara et les recommandations issues de cette mission seront budgétisées pour application. Aux dires des conférenciers, actuellement le point de blocage réside dans l’attitude du Premier ministre Modibo Keita, plus préoccupé par la question du nord.

Faut-il le rappeler la CMAT regroupe l’AOPP, CAD-MALI, CNOP-MALI, LJDH, l’UACDDDD. Elle compte environ 3000 adhérents. Elle compte pour l’édition qui se tiendra en juin organisée des marches et de sit-in.

Badou.S.Koba

Tjikan

- Mali : Accaparement des terres dans les villages de Sanamadougou/Saou et San : Les victimes projettent un sit-in du 2 au 4 juin à la bourse du travail

29 mai 2015 Société

L’information a été donnée, hier 28 mai 2015, à la faveur d’une conférence de presse organisée par les membres de l’association au siège de l’Union des associations et de coordination d’associations pour le développement et la défense des Droits de l’homme (UACDDD) en présence du vice président de la CMAT, Daouda Diarra. Pour la circonstance, il était accompagné par le secrétaire général de la CMAT, Massa Koné et plusieurs victimes.
Selon Daouda Diarra, ces engagements du gouvernement ont pu voir le jour suite à la mobilisation de plus 3 000 paysans et paysannes à la bourse du travail du 31 mars au 2 avril 2014 avec l’installation du « Village des sans terre » pour faire respecter les droits des victimes d’accaparement des terres identifiées d’une mission conjointe sur le terrain avec la Primature. « Cette mobilisation a permis la prise d’un certain nombre d’engagements par l’ancien Premier ministre Omar Tatam Ly dont les 10 points prioritaires de doléances qui ont été traités par une commission interministérielle », a expliqué M. Diarra. Avant de regretter que ces engagements ne soient jamais concrétisés. « Aucun de ces dix points n’a été résolu à ce jour ni dans le rural ni dans le périurbain. Pire, nous avons adressé une demande d’audience à l’actuel Premier ministre pour échanger autour de la non-exécution des dites recommandations en vain. Cette requête n’a pas eu de suite jusqu’à présent », s’est indigné le conférencier. Selon lui, cette attitude du Premier ministre vise à priver les paysans, victimes d’accaparement de terre, de la campagne agricole de 2015. C’est pourquoi, indique-t-il, la CMAT envisage d’organiser un sit-in dénommé « village des sans terre » du 2 au 4 juin 2015 à la bourse du travail.

Selon le secrétaire général de l’association, plusieurs activités sont prévues lors de ce sit-in parmi lesquelles : des débats autour de la question du litige foncier entre les victimes et les autorités et le grand sit-in prévu le 4 juin à la Primature.

Youssouf Z
Source : Le Républicain

- Intime conviction : Le combat du ministre Me Bathily mérite le soutien sans réserve du peuple
Par Le Reporter - Date : 30 Mai 2015

L’avenir du Mali est loin d’être prometteur à cause de deux fléaux : l’exode rural et la spéculation foncière.

L’absence de perspectives pour de nombreux jeunes les pousse à l’exode ou à migrer, notamment vers la France et l’Espagne. Bamako, la capitale, grossit très rapidement et atteint aujourd’hui presque les 2,8 millions d’habitants. Un peuplement constitué essentiellement de bras valides qui ont abandonné la campagne pour être sous-employés dans les centres urbains, dont la capitale.

Parvenant à peine à se nourrir ici, rien ne compense leur absence dans les villages. Et ceux qui restent ou font le va-et-vient sont aussi privés de terres de culture par la délinquance foncière (spéculation et spoliation). Ce fléau est une bombe sociale à fragmentation à ce titre qu’elle accélère non seulement la migration (exode et émigration), mais éloigne chaque jour davantage le pays de la sécurité alimentaire, un maillon essentiel du développement durable.

En recevant le rapport du Médiateur de la République, le 29 mai 2014, le président de la République avait promis des actions d’éclat. « J’ai donné des instructions fermes au gouvernement dans le sens de mettre fin et de réprimer avec la dernière rigueur la spéculation foncière », s’était exprimé Ibrahim Boubacar Kéïta. Une promesse qui ne pouvait être tenue que par un homme à poigne. Quand, lors du dernier remaniement, Me Mohamed Ali Bathily a quitté le ministère de la Justice pour celui des Domaines de l’État et des Affaires foncières, les observateurs ont compris le sens de cette permutation. Et il n’a pas tardé à montrer qu’il est à la hauteur de la confiance placée en lui en engageant une lutte sans merci contre ce que nous appelons la délinquance foncière, notamment la spéculation et la spoliation foncières.

Le juriste chevronné a déjà posé des actes concrets en engageant une lutte sans merci contre la fraude et la spéculation foncières. Après une récente annulation de cinquante titres fonciers (près de 3 500 parcelles), il s’attaque à la servitude des rails dans les communes I, II du District de Bamako et à Kati. À ce niveau, le domaine de l’État est illicitement morcelé et exploité par des particuliers qui y érigent maisons d’habitation et immeubles commerciaux. « On va déguerpir les servitudes », a juré Me Bathily après une visite sur les lieux. Et cela, avec l’application de la loi qui dit que les servitudes sont « incessibles et inaliénables ». Et il était temps de prendre le taureau par les cornes. Surtout que pour de nombreux interlocuteurs, les autorités maliennes ne mesuraient pas l’ampleur du péril à sa juste valeur. Et l’État malien est fréquemment accusé par l’opposition et la société civile de « brader des milliers d’hectares au détriment des paysans locaux ».

Ainsi, l’État aurait mis en place un système de baux à long terme renouvelables. Donc, ce sont les autorités nationales qui s’accaparent d’abord les terres, sous prétexte que la terre appartient à l’État. Ensuite, elles redistribuent ces terres à des opérateurs économiques, des entreprises privées, des agences immobilières… « Il arrive même que les représentants de ces autorités nationales s’approprient eux-mêmes ces terres », souligne un responsable d’association. Et pourtant, d’après la coutume, ces terres sont le lieu de travail et la source de vie des pauvres paysans. Il faut souligner que le droit coutumier est reconnu au Mali depuis le temps colonial et il a été ratifié par le gouvernement en 1987. « Mais, il n’est jamais respecté, parce qu’un paysan ne vaut rien face à une agence immobilière ou un nanti. On dit aux paysans qu’ils ont tort et que la terre appartient à l’État. Et ils ne peuvent pas compter sur la justice qui leur donne rarement raison », déplore Massa Koné, responsable d’une organisation paysanne. Fermer les yeux sur l’ampleur que prend la délinquance foncière, c’est prendre le risquer d’hypothéquer tous nos efforts, surtout en faveur de la stabilité sociale et politique ainsi que compromettre les investissements visant à atteindre la sécurité alimentaire.

À ce rythme, ce fléau condamne les futures générations à enrichir le lot des désœuvrés de la capitale ou de ceux qui émigrent en Europe voire ailleurs sous des cieux cléments. Les bras valides qui choisiront de rester, doivent se résoudre à travailler comme ouvriers dans des exploitations privées à qui leurs parents auraient tout bradé. Ainsi, en privant de terres des ruraux, on les prive d’avenir et on donne du grain à moudre aux plus radicaux avec des risques de confrontations, voire un éclatement de sociétés rurales, certes pauvres mais socialement assez bien structurées. On se rappelle que, à Madagascar, un projet initié par le président Ravanalomanana et le géant Daewoo de la Corée du sud avait fini par provoquer la chute du gouvernement de l’époque grâce à la pression des acteurs de la société civile et des ONG. Face à cette révolte latente liée à des attributions de terres à des sociétés ou des pays étrangers, la résistance de la société civile malgache pourrait également inspirer celle du Mali où en mars 1991 une insurrection populaire a déjà eu raison d’un régime après 23 ans de dictature. Et cela n’est pas d’autant à exclure que ce sont les mêmes acteurs internationaux qui soutiennent et encadrent les organisations paysannes.

Il est donc salutaire que Me Mohamed Ali Bathily ait le courage de s’attaquer aux racines du Mali : l’administration locale voire régionale et les agence immobilières ! On se rappelle que déjà le 3 septembre 2014, un Tribunal de Bamako a rendu son verdict dans l’affaire de démolition des 309 logements de Kalabambougou, banlieue de la capitale. Les principaux responsables de cet abus (un clerc d’huissier et un géomètre) ont écopé de 36 mois fermes de prison. À l’époque Me Bathily était ministre de la Justice. « Une première », que des organisations de la société civile souhaitaient voir perdurer. Cela d’autant plus que, aujourd’hui, cette spéculation ne concerne pas que les lots à usage d’habitation.

En décembre 2009, les états généraux du foncier avaient permis de faire un diagnostic sans précédent et formuler en vue du règlement des litiges et autres conflits en la matière. Le gouvernement malien a lancé depuis plusieurs mois une politique de réformes visant notamment à sécuriser et informatiser les archives domaniales, à mettre en place un cadastre ou encore à lutter contre la spéculation foncière. Les agriculteurs soutiennent ces réformes, mais demandent aussi la fin des blocages dans le règlement des litiges fonciers. Il est aussi annoncé la mise en place d’un système d’information foncière de type cadastre. Une ambitieuse réforme qui « sera très longue et coûteuse », mais pas impossible ! Son coût est évalué à une trentaine de milliards de Fcfa. Des réformes que les Maliens doivent majoritairement soutenir parce que la stabilité et le développement du pays en dépendent dans les années à venir.

Les spéculateurs fonciers sont puissants car souvent soutenus pas des puissants lobbies politiques qui n’hésitent pas à soudoyer des médias pour intimider ceux qui ont le « culot » de s’attaquer à leur empire. D’où la nécessite que tout le peuple malien s’aligne derrière le ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières dans sa résolution de mettre fin à un fléau visant à confisquer l’avenir du Mali au profit de quelques clans de riches !

Moussa BOLLY

Source : Le Reporter

Partenaires

  • Lorem ipsum
  • Dolor sit amet,
  • Vivamus iaculis mauris et dolor.
  • Novo denique perniciosoque exemplo
  • Pain Pour Le Monde est un Partenaire pour UACDDDD

L’UACDDDD dans la presse

Phototheque