Contre Sommet France Afrique

Merci à la presse nationale et internationale qui ont servis a porté la voix du peuple
Le Mali au centre de Sommet France-Afrique
Bamako13 Janvier 2017 Sur les collines, le palais présidentiel.
Le 27e sommet Afrique-France s’ouvre aujourd’hui à Bamako. Réunie en contre-sommets, la société civile réclame un changement de politique à 180 degrés
La réunion des chefs d’État avait été rebaptisée « Afrique-France » en 2013. Son ancien titre, « Sommet France-Afrique », ne passait plus depuis que la société civile africaine et l’association Survie en France avaient dévoilé avec succès la « France-Afrique », ce nouveau colonialisme de l’Hexagone en Afrique francophone qui combine soutien aux dictateurs, exploitation sans limites des ressources naturelles, affairisme des entrepreneurs français dans des marchés captifs, et corruption généralisée.
Le 27e sommet franco-africain qui s’ouvre aujourd’hui à Bamako au Mali sera-t-il le début d’une nouvelle ère pour les indépendances des pays d’Afrique francophone ? Les organisations africaines et françaises de la société civile, qui n’ont pas été invitées à dialoguer avec les chefs d’Etat, au contraire de grands patrons français, n’en sont pas convaincues. Elles ont organisé séparément deux contre-sommets ces derniers jours au Mali.
Loin de la redistribution des richesses
Le premier, le Forum des peuples, qui a eu lieu les 7 et 8 janvier dernier à Ouélessébogougou, à 80 km de Bamako, a accouché d’une déclaration sans ambigüité : « La coopération France-Afrique n’a apporté aucun remède. Elle n’a servi que les intérêts économiques, politiques et géostratégiques des seuls dirigeants français, africains et de leurs multinationales au mépris des peuples africains », ont constaté les quelque 800 participants. Ils estiment qu’un développement durable de l’Afrique et la mise en œuvre d’une véritable indépendance passent entre autres par la redistribution des richesses, l’audit des dettes publiques, l’annulation des accords de libre-échange, une politique migratoire plus ouverte de l’Union européenne, la fin du franc CFA, l’arrêt de l’accaparement des terres et la souveraineté alimentaire.
Des politiques à des années lumières de celles préconisées jusqu’à présent par la France et ses alliés du continent noir. A Bamako, au Forum des Etats, il sera au contraire question de « comment développer l’agro-business, clé de l’émergence de l’Afrique ? », qui fait la part belle aux multinationales au détriment de l’agriculture familiale. Demain est aussi annoncé un forum économique réunissant représentants du grand patronat français et leurs homologues africains. Autre thème en vue : la question de la « sécurité » abordée sous le prisme de la « lutte contre le terrorisme », empruntée à Georges W. Bush par le président François Hollande lors des interventions militaires qu’il a déployées au Mali, au Niger et au Tchad.
L’armée française de retour
Pour l’ONG anticolonialiste française Survie, la lutte contre le terrorisme sert en réalité de prétexte à un retour en force de la France sur le continent, ce pays ne voulant pas perdre pied face à la forte concurrence commerciale sur des pays émergents, en particulier de la Chine. L’opération militaire et antiterroriste Barkhane, notamment, qui couvre une bonne partie du Sahel, a permis une réimplantation durable des forces armées françaises en Afrique de l’Ouest, en particulier au Mali, au Niger, au Tchad et au Burkina-Faso, repositionnant plusieurs milliers de soldats français dans la région.
Pour Survie, ces opérations, auxquelles s’ajoutent celles en Côte d’Ivoire en 2011 et en Centrafrique en 2013, « loin de résoudre les crises (en matière de sécurité), contribuent à les aggraver et à en créer de nouvelles », écrit l’ONG dans un nouveau rapport intitulé « Cinq guerres pour un Empire »1. Elle prend pour exemple l’intervention en Lybie qui a déclenché les troubles au Nord du Mali, et l’augmentation du nombre d’attaques terroristes en Afrique de l’Ouest après la militarisation française de la zone.
Une analyse qui fait écho aux propos de Massa Koné, porte-parole de la Convergence malienne contre l’accaparement des terres, à l’initiative d’un autre contre-sommet « pour les peuples », qui a eu lieu du 10 au 12 janvier à Bamako : « La sécurisation ne doit plus passer par la militarisation, mais par les communautés. C’est l’indignation d’une partie du peuple qui fait apparaître des situations de conflit. Redonner la voix au peuple est donc indispensable pour un développement inclusif et pour une paix durable », a déclaré hier le militant à Radio France internationale. Les dirigeants de la « Françafrique » écouteront-ils enfin la société civile ?

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